Les Procès

Bon nombre de femmes ont été arrêtées et même exécutées, accusées

d'avoir pratiqué de la sorcellerie. Pire encore, on les accusait d'être de véritables sorcières. Par contre, rien n'a prouvé que celles-ci étaient réellement des sorcières.
 
L'inquisition débuta officiellement en 1231. Ce mouvement était d'origine catholique et soutenue par la papauté et la royauté. L'inquisition visait a éliminer tous les hérétiques de ce bas-monde. Les hérétiques étaient les sorcières, les Juifs, les Musulmans, les scientifiques et les médecins. On ne se basait sur rien de solide pour affirmer qu'une femme était une sorcière. Seuls les soupçons suffisaient. Les condamnées devaient être brûlées sur le bûcher. Il eu plus d'un million de personnes exécutées pendant l'Inquisition. La dernière sorcière à être tuée le fût en 1793. Une recherche a été lancée en 1997 pour approfondir l'histoire de cette époque et on dénonce de plus en plus de victimes, au fur et à la mesure de l'avancement de cette étude.
 
  • En 1520, les accusés(ées) de sorcellerie se virent juger à la Cour civile.
  • En 1631, le premier traité sur les abus des procès pour cause de sorcellerie pris naissance.
  • En 1670, Louis XIV interdit les procès de sorcellerie en France.
  • En 1682, la sorcellerie, en France, est maintenant considérée comme un délit, et non un crime.

Petit Bilan Historique :

  • 1520 Les procès de sorcellerie passent aux tribunaux civils.
    1580 Répression de la sorcellerie rurale jusqu'en 1640.
    1613 Nombreux supplices par le feu, pour la sorcellerie à Ruremonde (Pays-Bas espagnols).
    1631 1er Traité contre les abus des procès en sorcellerie.
    1632 Affaire des Possédées de Loudun jusqu'en 1634.
    1634 Procès et supplice (le 18/08) d'Urbain Grandier, curé de Loudun, pour sorcellerie.
    1640 Le Parlement de Paris "évoque" auprès de lui toutes les causes de sorcellerie apparaissant dans son ressort.
    1670 Louis XIV interdit les procès pour sorcellerie.
    1672 Procès des 34 sorciers de Carenton.
    1679 Procès et supplice des 4 "sorci&egravere;s" de Bouvignies, en Flandre.
    1682 Edit sur la justice en France (Juillet) : la sorcellerie, assimilée à l'illusionnisme et à l'escroquerie, n'est plus un crime, mais un délit.
    1692 Procés et pendaison des 20 sorcières de Salem.
    1712 Derniére exécution pour sorcellerie en Angleterre.

Affaire : Mac Lean - Chisholm (Highlands)

1662 Un groupe de pauvres gens, paroissiens de Kilmorack et de Kiltarnity (comté d'Inverness) : Hector Mac Lean, Jonet Mac Lean son épouse, Margaret Mac Lean soeur de Jonet, et dix ou douze autres femmes aux noms compliqués des Highlands avaient été arrêtés et emprisonnés pour le prétendu crime de sorcellerie sur l'instance d'Alexander Chisholm de Commer, de Colin Chisholm son frère, de John Valentine et Thomas Chisholm cousins d'Alexander.
Les femmes avaient été retenues sous la contrainte dans la maison d'Alexander Chisholm, tandis qu'Hector Mac Lean était en prison à Inverness.
Donald, un frère de John Mac Lean, reconnu comme sorcier, fut lui aussi activement recherché mais il se tint à l'écart.
Les Chisholm soumirent les femmes à la torture. Ils les pendirent par les pouces, leur brûlèrent la plante des pieds. Ils les lièrent entre elles avec des liens d'osier autour du cou et des pieds et les traînèrent, accrochées à la queue d'un cheval.
Le traitement eut raison des suppliciées. L'une d'elles devint folle, une autre mourut, quant aux autres, elles confessèrent tout ce que l'on voulait.
Les victimes protestèrent contre ces terribles tortures, pires que la mort. Mais, forts des aveux extorqués, les Chisholm obtinrent une commission pour juger les accusées.
Dans une requête, Mac Lean et les autres prisonnières déclarèrent que toutes les poursuites judiciaires retenues contre eux résultaient de la haine implacable des Chisholm. Depuis 200 à 300 ans, les Chisholm vivaient sur les terres de gens qu'ils avaient expropriés.
Dans ce cas précis, les Chisholm n'avaient pu obtenir l'expulsion des Mac Lean de façon légale, aussi avaient-ils choisi de les accuser de sorcellerie. Ce procédé fut employé de bonne heure pour déposséder dans les Highlands.
Les Mac Lean, quoi qu'éloignés du fief de leur chef (celui-ci résidait dans la place forte de Mull) lui demeuraient fidèles.
En conséquence, Sir Rory Mac Lean de Dowart vint crier justice devant le Conseil Privé. Le Conseil Privé ordonna que la commission arrête ses débats et pria les Chisholm de venir vers lui avec leurs prisonniers.
Nous ne savons pas comment l'affaire fut réglée. Mais le fait que les Mac Lean appartenaient à un clan contribua sans doute à les sauver.

 


Affaire : Isobel Gowdie

En avril 1662, dans le comté de Nairn, à Auldearn, la sorcière Isobel Gowdie fut traduite devant un tribunal composé du shérif du comté, du pasteur de la paroisse, de sept gentilshommes du pays, et de deux hommes de la ville.

Isobel Gowdie était une femme mariée mais il était difficile de lui donner un âge. Elle était au service du Diable depuis quinze ans et celui-ci l'avait baptisée dans l'église paroissiale.
Elle s'accusait d'avoir expérimenté toutes les formes connues de sorcellerie.
Elle faisait partie (comme c'était l'habitude) d'un groupe de treize membres qui formait une sorte de harem pour le Malin.
Les réunions avec Satan étaient fréquentes. Les membres du groupe portaient tous un surnom : pickle, over the dyke with it, able and stout...
Chacun avait un esprit qui le protégeait et chaque esprit avait un nom : the red river, the roaring lion ...
Isobel Gowdie décrivit le Diable comme un homme trés grand, noir et rude.
En général, les charmes servaient à donner ou à prolonger les maladies. Isobel Gowdie raconta l'histoire suivante : un récent hiver le pasteur avait du s'aliter. Les membres du groupe s'étaient réunis et suivant les instructions du Diable, ils avaient rempli un sac d'un mélange d'entrailles de crapaud, de rognures d'ongles, de foie de lièvre, et de chiffons, le tout marriné dans de la bière. Face à l'horrible mixture, ils avaient prononcé les paroles du charme plusieurs fois.
La nuit venue, ils s'étaient introduits dans la chambre de Harry Forbe le pasteur, malade et couché, et l'avaient touché avec le sac. L'un deux renouvela cette opération le jour suivant, pour renforcer l'efficacité ...
Isobel déclara aussi que le lait de vache pouvait conjurer le charme. Pour pallier cette éventualité, les membres du groupe avait tressé, d'une certaine façon, la longe de la vache du pasteur, en invoquant le nom du Diable et l'avaient tirée entre les pattes postérieures. Cela faisait tarir le lait. Pour que la vache puisse à nouveau donner du lait, il suffisait de couper la corde.
Isobel confessa un autre agissement diabolique : rendre les terres stériles. Près de Candlemans, les membres du groupes fabriquèrent une charrue avec une corne de bélier en guise de coutre et un morceau de corne de bélier en guise de soc. Ils y attelèrent des chevaux. Du chiendent servait de guide. John Young de Mebestown conduisait les chevaux et le Diable manoeuvrait la charrue. Puis le Diable céda sa place, chacun creusa plusieurs sillons dans le sol en implorant le Diable pour que cette terre ne porte désormais que chardons et bruyères.

On ne sait comment finit Isobel Gowdie. Mais il est plus que probable qu'elle périt sur le bûcher.

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