L'histoire de cinéma allemand:

Le cinéma allemand s'illustre par deux périodes de grande richesse: les années 1920, où triomphe l'esthétique expressionniste, et les années 1970, marquées par un véritable renouveau à l'Ouest. Mais entre les deux, pendant les quarante ans où s'enchaînent le nazisme, la guerre et la bipartition, la production cinématographique est réduite à la propagande, puis à la médiocrité.


Naissance du cinéma allemand

Le cinéma allemand est né en même temps que le Cinématographe des frères Lumière, grâce aux frères Skladanowsky, inventeurs du Bioscope, en 1895.
Le célèbre directeur de théâtre Max Reinhardt manifeste son intérêt pour cette nouvelle forme d'expression artistique et c'est un acteur qu'il a formé, Paul Wegener, qui réalise en 1913 l'Étudiant de Prague, sur un scénario fantastique de H.H. Ewers. C'est la première apparition du thème du double sur les écrans allemands, thème éminemment faustien qui deviendra obsessionnel.
En 1917, en pleine guerre, le gouvernement décide de réunir les petites sociétés allemandes dans un conglomérat industriel, l'Universum Film Aktiengsellschaft, connu sous le sigle UFA, que dirige à partir de 1921 le producteur Erich Pommer.


L'éclosion des années 1920

L'immédiate après-guerre est marquée par deux types d'œuvres: le film historique à grand spectacle, qu'illustre Madame du Barry (1919) d'Ernst Lubitsch, et le film intellectuel d'avant-garde, représenté par le Cabinet du Docteur Caligari (1919) de Robert Wiene. La superproduction historique de Lubitsch, qui rencontre un grand succès international, permet au cinéma allemand de briser le boycott américain. Lubitsch développe sa vision légère et ironique de l'histoire avec Anne Boleyn (1920) et la Femme du pharaon (1921). Le Cabinet du Docteur Caligari offre une tout autre vision de l'Allemagne. C'est le manifeste de «l'école expressionniste», courant esthétique qui s'est d'abord illustré au théâtre, en peinture et en poésie. L'expressionnisme est un cri de révolte contre les valeurs sociales établies et s'oppose à tous les réalismes. Au sens strict, il n'apparaît au cinéma que dans Caligari et dans De l'aube à minuit de Karl Heinz Martin (1920), mais il va marquer la plupart des œuvres des cinéastes majeurs de la décennie, dont F. W. Murnau, Fritz Lang et G. W. Pabst.


F. W. Murnau

Il se fait connaître par son adaptation du Dracula de Bram Stoker, Nosferatu le vampire (1922). Ce film fantastique, tourné en décors naturels, tire sa puissance d'envoûtement de la manière très particulière dont les paysages ont été filmés. Murnau réalise en outre une œuvre d'inspiration plus réaliste, le Dernier des hommes (1924), avec Emmil Jannings, dont le triomphe international lui ouvre les portes de Hollywood.


Fritz Lang

Ce cinéaste exploite d'abord la veine du récit policier à épisodes avec les Araignées (1919) et crée le personnage du criminel mégalomane, le Docteur Mabuse, qu'il met en scène à trois reprises: en 1922 (Mabuse le joueur), en 1932 (le Testament du Docteur Mabuse), puis en 1960 (le Diabolique Docteur Mabuse). L'UFA lui permet de réaliser la plus importante production de l'époque, Metropolis (1926), fable futuriste opposant au patronat triomphant dans la ville supérieure le prolétariat des catacombes qui alimente une usine-Moloch.


La tendance réaliste

Elle est présente tout au long de la décennie. Elle s'épanouit dans l'œuvre du scénariste Carl Mayer, auteur du Dernier des hommes mais aussi du Rail et de la Nuit de la Saint-Sylvestre, deux tragédies mises en scène par Lupu Pick. Pabst va porter à la perfection cette inspiration réaliste dans le «film de rue», avec la Rue sans joie (1925) où il dirige Greta Garbo, puis avec le Journal d'une fille perdue (1926) et Loulou (1929), où il offre à l'actrice américaine Louise Brooks deux rôles qui révèlent sa magnétique beauté.


Les chefs-d'œuvre du début des années 1930

Le début des années 1930 voit l'apparition de nombreuses opérettes filmées qui concurrencent Hollywood en Europe. Josef von Sternberg vient des États-Unis diriger Marlene Dietrich dans l'Ange bleu (1930), et Fritz Lang réalise, d'après un fait divers célèbre, le portrait d'un assassin de fillettes dans M le maudit (1931), qui lui permet de brosser un extraordinaire tableau de la société allemande à la veille du nazisme.


La création entre parenthèses

À partir de 1933, les nazis au pouvoir contrôlent de près la production cinématographique. De très nombreux techniciens, acteurs, réalisateurs fuient les persécutions raciales et politiques et vont enrichir les cinémas européen et américain. Le cinéma du IIIe Reich cultive cependant les films de genre. La propagande s'exerce dans le film historique à la gloire des héros de la germanité; la cinéaste la plus remarquée du régime est Leni Riefensthal, qui magnifie les cérémonies nazies dans le Triomphe de la volonté (1935) et les Dieux du stade (1938).
Après la guerre, la production cinématographique se développe indépendamment en Allemagne démocratique, à partir de 1946, et en Allemagne fédérale, à partir de 1949. Les films de la RDA obéissent pour la plupart à l'esthétique du «réalisme socialiste» qui triomphe dans les démocraties populaires. L'auteur le plus original de l'après-guerre reste Wolfgang Staudte (Les assassins sont parmi nous, 1946), mais ce sont les œuvres de Konrad Wolf qui auront le plus grand retentissement international (Lissy, 1957; Étoiles, 1959). Malgré quelques timides tentatives d'émancipation artistique dans les années 1970, le cinéma de la RDA reste victime d'un sévère contrôle idéologique.
Le cinéma de la République fédérale des années 1950 est d'une grande médiocrité, à l'exception de quelques films de Helmut Kaütner (le Dernier Pont, 1954; le Général du diable, 1955). Il faut attendre le «manifeste d'Oberhausen» en 1962 pour que naisse un nouveau langage cinématographique.


Le nouveau cinéma allemand

L'instigateur du manifeste, Alexandre Kluge, réalise Anita G. en 1966, année qui voit apparaître Volker Schlöndorff avec les Désarrois de l'élève Törless. Suivent dans le même élan Jean-Marie Straub, Peter Fleischmann, Rudolph Thome. Mais les trois réalisateurs majeurs des années 1970-1980 sont Rainer Werner Fassbinder, à l'œuvre prolifique et protéiforme (les Larmes amères de Petra von Kant , 1972), le visionnaire Werner Herzog (l'Énigme de Kaspar Hauser, 1974), et le cinéaste de l'errance Wim Wenders (l'Ami américain , 1977). Leurs films triompheront dans les festivals internationaux jusqu'à la nouvelle génération, qui comprend Helma Sanders-Brahms (Allemagne, mère blafarde, 1980), Margarethe von Trotta et Percy Adlon, le réalisateur de Bagdad Café (1987), dont le succès lui permettra de tourner aux États-Unis (Salmonberries, 1991 ; Younger and Younger, 1993).

 

 

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Les films allemands

 

 

Werner Herzog

 

Wim Wenders

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris, Texas (1984)

Wim Wenders

Invincible (2001)

Werner Herzog

 

 

 

 

 

 

 

Werner Herzog

Invincible (2001)

Wim Wenders

The Million Dollar Hotel (1999)

Paris, Texas (1984)

 

 

 

 

 

 

 

 

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