HUANG TUDI - Chine
Réal. Chen KAIGE
Terre jaune
Scénario Zhang Ziliang
Photo Zhang Yimou
Son
Musique Zhao Quiping
Montage
Interprètes Xue Bai, Wang Xueqi, Tao Tuo, Liu Qiang
Production Quanxi Film Studio
Distribution
Ventes -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bienvenue:

Terre jaune (Huang Tu Di)

1984

Réalisé par Chen Kaige

 



Synopsis:

D'entrée, le spectateur se retrouve dans l'immensité d'un paysage à la fois montagneux et aride, celui du nord du Shaanxi au printemps 1939, contrée qu'il découvre avec les yeux de Gu Qing (Wang Xueyin). Ce dernier, soldat de la 8e armée (communiste, en lutte à la fois contre l'occupant japonais et contre l'armée gouvernementale du Guomindang de Jiang Jieshi/Tchang Kaï-chek malgré une pseudo union nationale) a pour mission de compiler des chants folkloriques locaux. Sa première vision est celle d'une procession de mariage traditionnel arrangé par les familles selon la coutume et à laquelle les mariés sont amenés, elle masquée, comme à une exécution capitale. Le rouge vif du palanquin et des minuscules chaussures d'enfant de la jeune mariée qui en dépassent tranche sur celui, plus ocre, de la terre et les vestes matelassées des paysans.
Cuiqiao (Xue Bai), jeune adolescente de 13 ans assiste aussi à l'événement et regarde le marié emmener sur son épaule sa jeune épouse tel un paquet de linge sale. Elle est une des filles d'un fermier (Tan Tuo) chez qui Gu trouve hospitalité. Sa sœur aînée est partie, déjà mariée et régulièrement battue par son mari imposé. Cuiqiao travaille la terre avec son père et son jeune frère Hanhan (Liu Quiang).
La confrontation de deux mondes, voilà ce que nous montre Chen Kaige de façon toujours très subtile. Celui des paysans d'une région reculée d'une part, ancrés autant dans les us et coutumes de "l'ancienne société " que dans la pauvreté endémique (le poisson frais y est remplacé par des imitations en bois, signes de bons présages, tandis que l'on mange les restes de l'avant-dernière année), et d'autre part celui d'un avenir annoncé comme radieux où le Parti communiste résoudrait tous les problèmes. Cuiqiao et sa famille sont à la fois victimes et acteurs de leur propre destin. Interrogés sur le pourquoi de leur sort, ils répondent "destin " sans comprendre ni même imaginer que le changement pourrait provenir d'eux-mêmes.
Ils semblent écrasés par leur terre, cette terre jaune charriée par le fleuve du même nom (Huang He) qui, par son immensité, semble vouloir leur accorder une entière liberté mais les maintient en réalité comme enfermés dans ses bons plaisirs. Que peut-on contre la sécheresse si ce n'est implorer en une fête païenne le "roi dragon" ? Pas grand chose. Et que peut l'adolescente Cuiqiao contre l'annonce de son mariage forcé ? Rien dans un premier temps. Mais Gu, homme éduqué qui a découvert avec stupeur la jeunesse et la tristesse de l'adolescente mariée et aperçue à son arrivée dans la contrée, lui a enseigné que plus loin, dans le sud, les filles vivent autrement. Qu'elles coupent leurs cheveux, choisissent elles-mêmes l'homme qu'elles souhaitent épouser et surtout qu'elles rejoignent l'armée de Mao, devenant autant d'héroïnes du peuple. Le pays tout entier bouge, change, clame-t-il, et rien ne symbolise mieux ce changement que la libération de la femme chinoise, opprimée et même niée depuis si longtemps, depuis toujours...
Alors, Cuiqiao-la-timide qui refuse de chanter pour Gu dont on peut deviner qu'il ne la laisse pas indifférente, demande au soldat de l'emmener avec elle. Autrement dit, elle demande au Parti communiste de l'aider à changer sa misérable vie. Mais Gu refuse ou plutôt repousse le moment, prétextant que seuls ses chefs peuvent prendre la décision de l'accepter après avoir étudié sa candidature. Gu ne sait pas à cet instant que Cuiqiao doit épouser quelques semaines plus tard un homme plus âgé et qu'elle ne connaît même pas...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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